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"DÉRISION"
Elle est toute jeunette, Gisèle. Elle vient tout juste
de quitter l'école, de faire connaissance avec son premier
emploi de secrétaire, de vivre son premier amour de jeune
fille.
Mais, déjà, elle en a ras-le-bol de sa petite vie
provinciale étriquée, de ses parents qu'elle adore
mais qui la maternent un peu trop à son goût, de
sa sur, Sophie, une bourgeoise snob, qui régente
son existence. C'est décidé, elle va s'enfuir et
conquérir son indépendance.
"Angélique est d'accord avec moi, je ne peux continuer
à "non vivre" ainsi. Je suis en train de tourner
à la vieille fille rance. Encore deux ou trois ans à
végéter de la sorte et je vais être étouffée,
engluée par des toiles d'araignée. Il faut que j'échappe
à la tutelle possessive et destructrice de Sophie. Il faut
que je parte, que je quitte ma famille, que j'aille vivre sous
d'autres cieux."
"Où ? À Paris. Seule l'immensité de
la capitale peut me donner une chance d'échapper à
Sophie.
Comment ? On ne manque pourtant pas d'imagination Angélique
et moi mais là, on a la cervelle qui bloque.
À Paris, je trouverai facilement du travail et un logement.
Aucun doute à ce sujet. Pour le travail, il n'est que de
consulter le journal pour constater que les secrétaires
sont très recherchées. Quant au logement, pas de
problème non plus : depuis que je travaille, je confie
la totalité de mon salaire à la Caisse d'Epargne
comme l'a exigé maman et je dispose maintenant de substantielles
économies.
Je sais déjà ce que je veux. Un petit trois pièces.
Une cuisine, évidemment, même si je ne sais pas faire
cuire un uf et encore moins quoi que ce soit d'autre. Une
salle de bain : je suis capable de rester des heures avec un bouquin
allongée dans la baignoire remplie d'eau mousseuse et parfumée.
Un salon : j'imagine déjà le canapé profond
devant une table basse, le bar sur lequel trônera la télévision,
la moquette moelleuse que je foulerai de mes pieds nus. Deux chambres
: il m'arrivera bien d'avoir des invités. Ce sera, de préférence,
au cur de la capitale pour être à proximité
des salles de spectacles."
Comme bien d'autres jeunes filles, avant elle, Gisèle apprendra
qu'il y a loin du rêve à la réalité.
Note
de l'auteur :
Je déconseille ce roman à tous ceux (toutes celles)
qui se complaisent à pleurnicher en lisant des histoires
mélodramatiques.
Téléchargez la première moitié du roman dans le format désiré (en cliquant sur l'icône correspondante) :
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"SOUFFLETER N'EST PAS JOUER"
Comme ils sont heureux, Lydie et Bruno, le jour de leur mariage.
" Blottie dans les bras de mon tant aimé tout nouvel
époux, la tête nichée contre son cou, je me
laisserais bien griser par le slow si Bruno ne s'obstinait à
fredonner, selon son habitude en discordance totale avec la musique.
Ce n'est pas qu'il chante faux mon très chéri mari
mais il n'a aucun sens du rythme et, avec un tel crooner comme
rival, Franck Sinatra peut dormir sur ses deux oreilles. "
Elle, Lydie, a vécu une enfance et une jeunesse protégées
au sein de sa famille, dans son Périgord natal. Mais c'est,
sans regret, qu'elle ira vivre à Paris avec Bruno qui y
exerce son activité professionnelle.
Lui, Bruno, a rompu avec la tradition familiale en refusant d'être
banquier comme son père et son frère. Mais lui,
non plus, ne regrette pas son choix car il exerce un métier
qui le passionne.
Ils ne sont pas riches mais ils sont jeunes, ils sont beaux, ils
s'aiment, et l'avenir leur appartient.
Mais leur couple est-il armé pour faire face aux épreuves
lorsque tous les espoirs professionnels de Bruno sont réduits
à néant, lorsque son univers s'effondre ?
Comme bien d'autres jeunes filles, avant elle, Lydie apprendra
qu'elle ne connaissait pas le prince charmant qu'elle a épousé.
" Un soir, alors que je lavais la vaisselle pendant que Bruno
l'essuyait (parce qu'il avait préféré me
proposer son aide plutôt que regarder la télévision
- il fallait vraiment que les programmes soient particulièrement
débiles), saturée d'anxiété, de ces
comptes que je faisais chaque jour sans illusion, je n'avais pu
m'empêcher de suggérer :
" Et si tu allais voir Hugo ? Après tout, vous ne
vous êtes pas quittés en si mauvais termes ? "
Tellement fulgurante que je ne l'avais pas vu venir !
Ensuite, tout s'était déroulé comme un film
au ralenti.
J'avais porté la main à ma joue qui, d'abord comme
anesthésiée, devenait de plus en plus cuisante tandis
que Bruno me dévisageait avec une expression de stupeur
intense et que l'assiette qui venait de lui échapper des
mains se brisait sur le carrelage.
C'était donc ça une gifle ! "
Note de l'auteur :
Je déconseille ce roman à tous ceux (toutes celles)
qui ne croient pas aux miracles de l'amour.
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